esmaspäev, veebruar 12, 2007

Pas de chance avec les machines

Apure est en vacances en Afrique du Sud, avec des amis. Ils se promènent sur une grande plage ; le ciel et la mer sont gris bleu. Soudain, à y bien regarder, Apure voit au large tout un groupe d'oiseaux. Ce sont des flamants roses, atteints sans doute d'une curieuse mutation, car ils sont comme la mer plutôt gris que roses. Ils s'envolent en nuées chatoyantes, certains plus blancs tracent des signes dans le ciel. " Ils piquent sur nous, mais il n'y a rien à craindre, ce n'est pas encore la saison des nids", dit l'un des amis. Apure veut à tout prix photographier les oiseaux, et l'ami se moque. "Toi et ta manie des photos !" Passent tout près d'eux des oiseaux plus petits, au bec long et conique, des fous de Bassan. Et derrière les Bassan apparaissent des manchots de toutes les tailles. Apure et les amis se sentant de trop décident d'aller déjeuner en ville. Il y a au-dessus de la plage une station balnéaire pleine de touristes. Apure maintenant veut photographier une petite péniche qui traverse le village ; il y a trop de monde autour de lui ; Apure peste. De l'autre côté du pont, la rivière qui coupe le village en deux s'en va, verdâtre, entre les maisons. Mais comment se débarrasser de la foule ? Apure a perdu ses amis de vue, et tripote son appareil photo tout neuf. Il lui semble d'ailleurs ne pas bien le reconnaître. Il est plus lourd et moins commode que celui qu'il vient de s'offrir.
Sur le chemin calme des collines, Apure croise son frère aîné, ornithologue émérite. "Tu as vu tous ces oiseaux sur la plage ?". "Oui, c'était merveilleux", dit le frère avec un sourire de bonheur. Au détour du chemin, ils rencontrent une autre troupe de manchots, des immatures ceux-là, aux plumes encore beiges et pelucheuses. Apure sort son appareil. "C'est curieux, ce n'est plus le même. On a dû me le voler, et me refiler celui-là à la place." Et de se lamenter : "Je n'ai vraiment pas de chance avec les machines !" Il se demande ce que deviendront les photos qu'il a déjà prises avec l'autre. À quel étranger vont-elles montrer le fond des choses ?

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reede, jaanuar 05, 2007

Délinquance urbaine

Après un réveillon bien arrosé, Apure fait deux rêves punitifs. Dans le premier, il sort du métro avec un ami (l'un de ceux avec lesquels il a réveillonné) ; ils s'amusent avec un appareil photo. L'ami, excité, fait le geste imbécile de tendre l'appareil, dans la rue, à un jeune homme d'apparence bénigne — qui cependant s'en empare et s'enfuit. Apure et l'ami poursuivent le jeune homme qui, retrouvant des complices, leur retourne le compliment. Apure et l'ami enfourchent une mobylette et filent vers la maison d'Apure. La rue autrefois si morne est pleine de commerces nouveaux — une épicerie pakistanaise, un bar, un magasin de souvenirs. Apure va trop loin et ils doivent rebrousser chemin. A des policiers qui patrouillent, Apure signale l'activité délinquante des environs de la station de métro. Les policiers aussi sont Pakistanais ; Apure vient de changer de pays.

Puis Apure doit passer la nuit en Tchéquie avec une autre participante du réveillon. L'hôtel est une grande bâtisse de béton, assez laide. Guidé par l'amie, Apure se retrouve dans une très grande chambre, une suite plutôt, transformée en dortoir. Cinq ou six gamins y sont déjà installés. Apure se met en colère. " Tu ne crois tout de même pas que je vais servir de chaperon à de sales gosses que je ne connais même pas ?" L'amie essaie de le calmer ; elle va prendre sa place ; allez, elle se met déjà au lit. Apure remarque alors que l'accompagnateur des enfants est en train de retirer du bras d'un des gosses une tique, à l'aide d'une pince à épiler. D'ailleurs, la chambre grouille d'insectes minuscules. Ce qu'Apure énonce à haute et claire voix. L'amie, insectophobe à l'extrême, hurle et saute du lit. "Tu vois bien que cet endroit est ignoble !". Ils redescendent à la réception. Sur une table, sont exposés de magnifiques coléoptères morts, et leurs répliques en fil de cuivre. En face de l'hôtel, la police est occupée à réprimer une manifestation étudiante. Des jeunes gens jettent des bouteilles sur les voitures de police ; les éclats de verre sont si nombreux et si denses qu'ils font un nuage au dessus de la rue. "C'est la misère qui les met dans la rue", dit l'amie. "Crois-tu ? Ils ont connu la prospérité depuis plus de quinze ans. C'est plutôt sa fragilité qu'ils déplorent" répond, pédant, Apure.

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