reede, mai 08, 2009

Oiseaux bleus

Quelques curieuses séquences cette nuit, mais dans quel ordre, impossible à dire. Apure est avec son oncle dans Paris ; une énorme panne d'électricité paralyse la ville, affectant aussi, semble-t-il, les batteries des automobiles. La voiture de l'oncle ne roule plus, et il faut cependant bien rentrer. Ils s'engagent en roue libre sur une bretelle d'autoroute à la descente vertigineuse. Au bout du voyage, Apure, épuisé, se réfugie dans une salle d'hôpital. Il a insupportablement froid, croise des enfants malades, bien plus épuisés que lui. Une autre bribe le voit dans la maison de son frère, aux murs bleus. Seule la chambre des enfants est meublée. Il est aussi acteur dans une scène d'angoisse, sans doute empruntée à un film. Il vit avec d'autres personnes dans un exil cosmique. L'une de ses compagnes d'infortune brandit un téléphone portable : il sait que la conversation qu'elle va avoir avec le monde extérieur va leur montrer qu'au lieu de vivre dans quelque station intersidérale et pionnière, ils n'ont jamais quitté la terre. Pour finir, il est en voyage à Marseille. Le nouveau train monorail les emmène sur la côte ; le temps est curieux, entre tempête et grand soleil. Il traverse d'abord le quartier des tours, puis la décharge, tas ignoble qui brûle lentement, en dégageant une fumée toxique. Du monorail, Apure et ses compagnons font des signes d'encouragement aux voisins de la décharge, en grève de la faim sur le site. Puis le monorail dépose ses voyageurs sur une île sombre. Une rue de village ancien, des maisons désertes, des oiseaux qui volent près des murs, oiseaux d'un bleu si profond que l'oncle — il se peut que l'oncle soit aussi de ce rêve, ainsi bouclé — demande s'ils n'ont pas été peints par des artistes locaux.

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pühapäev, aprill 19, 2009

La mouche

Apure se retrouve, pense-t-il, en voyage organisé à Madrid. Mais plutôt que de suivre ses camarades de groupe (il n'en connaît d'ailleurs aucun), il part seul dans la ville, incompréhensible et humide. Quittant les rues, il descend les terrasses confuses d'un grand jardin qui donne, au loin, sur une de ces collines urbaines dont il rêve souvent ; cette ville, entre autres, lui est familière. Au pied des terrasses, une anse marine où balance une barque. Bourdonne au-dessus de la barque ce qui semble une énorme mouche verte. Apure s'approche, stupéfait, nauséeux. Mais la mouche géante n'est qu'une sorte de héron aux plumes vert sombre, hirsute. Apure rassuré voudrait bien le prendre en photo. L'oiseau s'envole et disparaît. Apure se rend compte qu'il a de la boue jusqu'à la ceinture et qu'il va bien falloir maintenant sortir de ce mauvais pas.

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esmaspäev, veebruar 12, 2007

Pas de chance avec les machines

Apure est en vacances en Afrique du Sud, avec des amis. Ils se promènent sur une grande plage ; le ciel et la mer sont gris bleu. Soudain, à y bien regarder, Apure voit au large tout un groupe d'oiseaux. Ce sont des flamants roses, atteints sans doute d'une curieuse mutation, car ils sont comme la mer plutôt gris que roses. Ils s'envolent en nuées chatoyantes, certains plus blancs tracent des signes dans le ciel. " Ils piquent sur nous, mais il n'y a rien à craindre, ce n'est pas encore la saison des nids", dit l'un des amis. Apure veut à tout prix photographier les oiseaux, et l'ami se moque. "Toi et ta manie des photos !" Passent tout près d'eux des oiseaux plus petits, au bec long et conique, des fous de Bassan. Et derrière les Bassan apparaissent des manchots de toutes les tailles. Apure et les amis se sentant de trop décident d'aller déjeuner en ville. Il y a au-dessus de la plage une station balnéaire pleine de touristes. Apure maintenant veut photographier une petite péniche qui traverse le village ; il y a trop de monde autour de lui ; Apure peste. De l'autre côté du pont, la rivière qui coupe le village en deux s'en va, verdâtre, entre les maisons. Mais comment se débarrasser de la foule ? Apure a perdu ses amis de vue, et tripote son appareil photo tout neuf. Il lui semble d'ailleurs ne pas bien le reconnaître. Il est plus lourd et moins commode que celui qu'il vient de s'offrir.
Sur le chemin calme des collines, Apure croise son frère aîné, ornithologue émérite. "Tu as vu tous ces oiseaux sur la plage ?". "Oui, c'était merveilleux", dit le frère avec un sourire de bonheur. Au détour du chemin, ils rencontrent une autre troupe de manchots, des immatures ceux-là, aux plumes encore beiges et pelucheuses. Apure sort son appareil. "C'est curieux, ce n'est plus le même. On a dû me le voler, et me refiler celui-là à la place." Et de se lamenter : "Je n'ai vraiment pas de chance avec les machines !" Il se demande ce que deviendront les photos qu'il a déjà prises avec l'autre. À quel étranger vont-elles montrer le fond des choses ?

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teisipäev, mai 02, 2006

Nuées (L'Ami perdu, 1)

A intervalles réguliers, Apure rêve d'un ami qu'il a perdu de vue depuis quelques années, non sans regrets. Cette fois-ci, c'est fort bref. Apure est en train de pousser la porte de sa banque lorsque l'ami passe dans la rue, le pas majestueux. Une nuée de petits oiseaux le couronne.

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