pühapäev, aprill 27, 2008

Surprise partie

Apure traverse une nuit pour le moins bigarrée, dont il ne retrouve pas le fil exact au matin. Y avait-il d'abord le fleuve et ses poissons énormes, miraculeux — bientôt, du reste, otaries, lamantins, dugongs, de plus en plus gros, au point qu'ils emplissent de leurs troupeaux à la peau d'or le lit du fleuve ? Sur la rive, une boutique de souvenirs. Apure y entre avec les siens en poche, une poignée d'objets miniatures qui datent, pense-t-il, de son enfance. Mais l'épisode du fleuve n'a peut-être pas précédé celui de la soirée littéraire dont Apure, à quelque autre moment de la nuit, attend les invités, sur des escaliers qui ressemblent à ceux de Montmartre. Arrive une femme qui porte une veste en cuir doré, frappé du sigle de sa maison d'édition. Il est impossible de ne pas la reconnaître, ni de la saluer. Apure l'ayant fait non sans réticences rejoint ensuite le reste de la troupe dans un vaste hôtel particulier au décor surchargé. On dévisage Apure avec insistance ; il se rend compte, aux toilettes, que ses yeux sont recouverts d'une sorte de taie blanche, qui cependant ne l'empêche pas de voir. Cette taie n'est pas organique ; il peut l'ôter avec les doigts mais la taie se reforme aussitôt, comme la peau sur le lait. Apure quitte la réception sans parler à quiconque et prend un bus à deux étages qui l'arrête juste devant une station de métro. Un escalier profond laisse voir des souterrains luxueux. Un groupe de jeunes gens fait des photos de mode sur les escaliers. Une des filles porte une robe de mariage qui n'est pas encore finie. Son futur époux est un colosse timide, en redingote rouge, gilet blanc et turban.

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reede, august 03, 2007

Cousine encore et catastrophe

Apure est dans le grand magasin récurrent de ses rêves, et furète au rayon vêtements. Des vestes d'agneau, d'une marque qu'il affectionne particulièrement, attirent son regard. Une amie qui l'accompagne a même désir — et tous deux peine d'argent. Peu importe : "Allons au septième", propose Apure. L'ascenseur est transparent — au point d'être invisible ; Apure et l'amie volent, inquiets, dans les hauteurs du grand magasin. Le septième est l'étage luxueux des mariages et des fêtes. L'amie admire une robe de satin rouge. Apure hausse les épaules, lui fait voir les défauts des coutures, la pauvre qualité du tissu, et déplore la mort de l'artisanat vestimentaire. Ils repartent sans rien acheter. Les rues alentour sont sablonneuses ; on se croirait en bord de mer. Apure surprend une conversation : Paris sera touchée dans la soirée par une catastrophe nucléaire de grande envergure. "Nous allons perdre tout ce que nous aimons." Apure imagine les rues sous les cendres, le grand vent nucléaire. A sa cousine qu'il retrouve sur la plage, il n'ose rien dire.

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