reede, november 24, 2006

Les étoiles

Après une longue absence due à l'obsolescence de son matériel informatique, plutôt qu'à la raréfaction du rêve, Apure revient, et rêve ainsi : il est dans sa chambre, à la nuit ; se lève pour regarder les étoiles très nombreuses. Le ciel est clair ; la plupart d'entre elles sont minuscules, indistinctes, mais certaines plus brillantes font des formes qui ne doivent rien à l'astronomie traditionnelle. Apure sent monter l'angoisse ; il n'a jamais aimé penser à l'éternité, ce à quoi immanquablement les étoiles le renvoient. Et puis, se dit-il, si ce rapport qu'on a toujours vaguement à l'esprit entre la mort et les étoiles n'était que foutaise ? Si la mort ne ressemblait pas, comme je le crois d'une certaine façon, à une pulvérisation dans les étoiles ? Apure ferme la fenêtre ; la minute d'après, il fait jour. Il monte le long d'un chemin si pentu qu'il doit bientôt, à sa grande colère, renoncer.

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laupäev, oktoober 07, 2006

À cheval

Apure cette nuit a rêvé de ce qu’il appelle imprudemment son surmoi, c’est à dire — dans son esprit ignare — son moi idéal, celui qu’il ne pourrait être, même avec tout le temps et l’argent de la terre (encore que.) Le surmoi d’Apure est un solitaire qui traverse à cheval ou à pied des montagnes tranquilles, plutôt confortables et sans fin. Cette nuit, donc, Apure calmement chevauchait un cheval noir, sur un chemin qui longeait une rivière, et se disait : « Mais pourquoi ai-je tant tardé à remonter à cheval ? »

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pühapäev, juuni 11, 2006

Le Mont Rouge

Dans l’auto d’un ami, Apure traverse la campagne, champs tranquilles et collines, sur un chemin quelque peu cahotique. "C’est étonnant, dit-il, tous ces gens qui rentrent chez eux avec armes et bagages, et passent à pied par les champs." L’ami conduit très bien : un vrai pilote de rallye. L’auto cependant finit par se coincer sur une énorme racine. Apure et deux autres amis descendent pour essayer de dégager la roue. La femme de l’ami apprécie leurs efforts. Personne cependant ne remontera dans l’auto que l’ami. Les autres, Apure y compris, doivent traverser un pont étroit, sans rambarde, qui passe par dessus le fleuve bleu-vert.
Dans une autre partie du rêve, Apure est dans la maison de son grand-père (à moins, bien sûr, qu’elle ne se soit trouvée de l’autre côté du pont.) On entend des enfants jouer dans le jardin. Apparaît le neveu d’Apure, qui s’est déguisé en fille, et porte de longues boucles d’oreilles. Le ciel s’assombrit, montre même une pluie d’étoiles en plein jour ; un orage violent se prépare. Apure fait ses bagages pour rentrer par la banlieue. Avant de reprendre le métro, il longe les "falaises du Mont Rouge", qui donnent, paraît-il, aux riverains des idées de suicide.
Apure se réveille à quatre heures du matin, ce qui n’est pas coutumier ; pour passer le temps, il regarde Trois... extrêmes, qui lui donne en tout début de matinée un rêve incohérent où des assassins ne cessent de surgir dans des appartements de luxe.

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laupäev, juuni 03, 2006

Boue noire

Apure se promène avec un ami polynésien dans une ville pittoresque. Les maisons sont colorées, parfois couvertes de fresques modernes ; les magasins nombreux, élégants et destinés visiblement à une clientèle aisée. "Je ne comprends pas que cette île ne soit pas mieux connue des touristes" , dit Apure à son ami. La ville en effet se trouve sur une île et les deux compagnons descendent au port, où les pêcheurs remontent des poissons monstrueux d’une mer qui a mauvais aspect, noir et visqueux.

Dans une autre partie du rêve, Apure et son père cheminent dans une campagne aux champs et aux bois presque trop verts. Une maison forestière abandonnée les intrigue : elle est couverte d’ex-votos et de plaques commémoratives. Ils continuent le long d’un chemin qui descend en pente raide et les conduit dans une grotte immense, sous la forêt. Ils marchent au bord d’un lac souterrain au rivage triste et boueux ; c’est peut-être un diverticule de la mer d’huile qui cernait l’île idéale du début du rêve.

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